Je marchais dans les rues d’Ottawa avec un ami, appareil en main, comme d’habitude. On cherchait des images. La lumière était bonne, la rue était animée, tout allait bien.
Et là.
Deux femmes qui avancent d’un pas décidé, l’une visiblement très à l’aise avec son choix vestimentaire du jour, disons qu’elle avait opté pour le minimum syndical estival. Mon ami regardait ailleurs. Moi j’avais déjà déclenché.
Je me suis tourné vers lui et j’ai dit : « Boy… ça fesse, cette photo-là. »
Il a regardé. Il a compris. On a ri.
Sur l’expression, pour ceux qui ne connaissent pas
Au Québec, quand quelque chose te frappe fort, quand une image, une scène ou un moment t’étonne au point de t’arrêter net, on dit que ça fesse. C’est imagé, c’est direct, c’est québécois. Et dans le cas présent, l’expression était doublement appropriée. On va laisser le lecteur faire le lien.

La vraie leçon de street photography
Ce genre de photo, tu ne la planifies pas. Tu ne poses pas ton sujet, tu ne choisis pas le fond, tu n’ajustes pas la lumière. Tu es là, tu vois, tu déclenches. C’est tout. Et c’est souvent ces images-là, capturées en une fraction de seconde avec un sourire en coin, qui restent les plus mémorables.
La rue est le meilleur studio qui soit. Elle ne te demande rien, sinon d’être présent, les yeux ouverts et le doigt prêt.
Et parfois, elle t’offre une photo qui fesse.
« Les meilleures photos de rue, ce sont celles que tu n’avais pas prévu de faire. Celles où la vie se pointe avant que tu aies le temps de réfléchir. »