Ce jour-là à Luskville, le vent soufflait pour vrai et le ciel n’avait rien de rassurant. Annabelle et moi on est partis à l’aventure dans mon village natal du Pontiac — et c’est une vieille maison abandonnée qui nous a donné l’idée de cette image.
Ce jour-là à Luskville, le vent soufflait pour vrai et le ciel n’avait rien de rassurant. Annabelle et moi on est partis à l’aventure dans mon village natal du Pontiac — et c’est une vieille maison abandonnée qui nous a donné l’idée de cette image.
Deux passants, de dos, face au cadran géant de la Tour de la Paix à Ottawa. L’horloge mesure 4,8 mètres de diamètre et bat depuis la reconstruction du Parlement après l’incendie de 1916. Certains bâtiments ne sont pas que des bâtiments. Ils sont le temps lui-même, rendu visible en pierre et en métal.
Au pied de la Colline du Parlement à Ottawa, la Flamme du centenaire brûle sans interruption, été comme hiver. Ce soir-là, un groupe de visiteurs s’était arrêté, silencieux, les regards attirés par les flammes. Une scène simple, humaine, qui rappelle que certains lieux ont encore le pouvoir de faire s’arrêter les gens.
Le soleil se glisse derrière le faîte d’une vieille grange abandonnée, dessinant un sunstar parfait entre les planches grises. Autour, le ciel vire à l’orange et au bleu. Rien ne bouge. C’est un de ces soirs où la campagne devient quelque chose d’autre, quelque chose qu’on ne peut pas vraiment expliquer, juste ressentir.
On l’arrache, on l’ignore, on le maudit dans son gazon. Pourtant, quand tu t’accroupis, que tu descends l’objectif à son niveau et que tu laisses la lumière faire son travail, le pissenlit devient autre chose. Quelque chose de délicat, d’éphémère, de surprenant. Une mauvaise herbe qui n’attendait qu’un regard juste pour révéler ce qu’elle vaut vraiment.
Il y a des photos qu’on planifie pendant des heures. Et il y a celles-là. Deux femmes qui marchent dans les rues d’Ottawa, un beau soleil d’été, et un ami à côté qui n’a pas encore vu ce que toi tu viens de voir dans le viseur. Ça, c’est le moment parfait pour dire : « Boy… ça fesse. »
Avant les feuilles, avant la chaleur, il y a ça : une fleur blanche qui s’ouvre sur une branche encore nue. Le magnolia étoilé ne demande pas la permission. Il fleurit parmi les premiers, dans le froid encore présent, comme un signal discret que la saison a décidé de tourner.
Couché sur l’asphalte, objectif au niveau de la ligne jaune centrale, j’ai attendu que la route me parle. Et elle l’a fait. Ce chemin sinueux bordé de bouleaux et de conifères, quelque part entre l’automne et l’hiver, portait quelque chose de simple et d’universel : on ne voit jamais ce qui attend au prochain virage.
Deux soirs, deux endroits, deux palettes complètement différentes. À la Marina d’Aylmer, le ciel a viré au rouge intense, presque irréel, se reflétant dans une eau immobile. Dans le secteur Hull, c’était l’orange pur, brûlant, avec des silhouettes noires découpées à contre-jour. Deux façons pour le ciel de dire bonne nuit.
La neige tient encore sur les berges, mais l’eau coule déjà. Ce moment entre deux saisons, ni tout à fait l’hiver ni encore le printemps, est l’un des plus beaux à photographier. Pas spectaculaire, pas éclatant. Juste vrai. Un ruisseau qui reprend sa liberté, doucement, sous un ciel bleu qui promet la suite.
Au détour d’un road-trip en forêt, des cascades. D’abord au printemps, dans une explosion de vert tendre et d’eau vive. Puis à l’automne, noyées dans les oranges et les rouges. Quatre images, deux saisons complètement différentes, mais le même bruit d’eau qui coule, et le même sentiment de paix immédiate.
Un homme, torse nu, cheveux blancs au vent, pédale avec une décontraction remarquable devant un camion vintage jaune et gris. Deux époque qui se croisent en une fraction de seconde, dans une rue d’Ottawa. Ce genre d’image, on ne la commande pas. On la reçoit quand on a l’œil ouvert et le doigt prêt.