Chemin sinueux

Chemin sinueux

Pour faire cette image, je me suis allongé sur la route. Pas très élégant, mais efficace. En descendant l’objectif au niveau de la ligne jaune, la perspective change complètement. La route n’est plus un chemin qu’on regarde. Elle devient quelque chose qu’on ressent, quelque chose dans lequel on est.

La ligne jaune guide l’œil vers le virage, et là, elle disparaît. On ne sait pas ce qu’il y a après. Et c’est exactement ça le sujet de cette photo.

Le même endroit, un autre regard

Chemin sinueux

La deuxième image montre la même route, quelques secondes plus tard, depuis un angle légèrement plus haut. On voit mieux la forêt, la montée douce, le ciel plat de cette journée entre deux saisons. La ligne jaune est toujours là, toujours aussi franche, mais la route semble plus longue, plus ouverte.

Deux images du même endroit, deux façons de le vivre. C’est souvent comme ça en photographie : changer d’angle de quelques centimètres suffit à raconter une histoire différente.

Ce que la route dit

Ces routes de campagne, dans le Pontiac ou ailleurs en Outaouais, ont quelque chose de particulier quand elles sont vides. Pas d’urgence, pas de destination visible. Juste la forêt de chaque côté, la ligne jaune devant, et ce virage qui promet quelque chose sans jamais révéler quoi.

C’est pour ça que j’aime les photographier. Pas pour montrer une route. Pour montrer ce sentiment d’avancer vers l’inconnu, lentement, les yeux ouverts.

« La plus belle partie du chemin, c’est toujours ce qu’on ne voit pas encore. »

© Sylvain Perrier