Sur la Colline du Parlement à Ottawa, il y a un endroit où les gens ralentissent toujours. Peu importe la saison, peu importe l’heure. La Flamme du centenaire les arrête.
Ce soir-là, un groupe de visiteurs s’était rassemblé autour du bassin. Personne ne parlait vraiment. Ils regardaient les flammes, ces flammes qui dansent sur l’eau depuis qu’elles ont été allumées pour marquer le centenaire de la Confédération canadienne. Ce qui devait être un monument temporaire est devenu permanent, simplement parce que les gens ne voulaient pas le voir disparaître.
Ce que la flamme représente
La Flamme du centenaire n’est pas qu’un élément décoratif. Autour de son bassin sont gravés les écus et emblèmes de chaque province et territoire canadien, incluant ceux du Nunavut, ajoutés pour le 150e anniversaire. Les visiteurs y jettent des pièces, qui alimentent une bourse de recherches portant le même nom. Elle brûle toute l’année, entretenue en continu.
Ce détail dit quelque chose d’important. On ne laisse pas une flamme s’éteindre quand elle signifie quelque chose. On la garde vivante, même dans le froid, même dans la pluie.
L’image comme témoin
Ce qui m’a frappé dans cette scène, c’est le silence des visages. Ces quatre personnes ne posaient pas pour une photo souvenir. Elles regardaient simplement, chacune perdue dans ses propres pensées, unies par cette lumière qui crépite entre elles. La flamme éclairait leurs traits d’une lueur chaude, contrastant avec le fond de pierre froide du Parlement.
C’est ce genre de moment que la photographie de rue sait attraper quand on reste discret et patient.
« Certaines flammes ne réchauffent pas seulement le corps. Elles réveillent quelque chose à l’intérieur, ce sentiment diffus d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi. »