Il y a des sujets qu’on ne choisit pas vraiment. Ce sont eux qui viennent te chercher, doucement, au fil du temps, jusqu’au moment où tu n’as plus d’autre choix que de les regarder en face.
La mémoire est l’un de ces sujets-là.
Elle est partout et nulle part à la fois. Elle se glisse dans une odeur, dans une lumière de fin de journée, dans le timbre d’une voix qu’on croyait avoir oubliée. Et puis, un jour, sans prévenir, elle commence à s’éloigner. Comme cette silhouette dans le brouillard : encore là, reconnaissable, mais déjà en train de disparaître.

Cette première image, je l’ai faite en pensant à ça. Une personne qui marche, qui avance, et qui peu à peu se fond dans le blanc. On ne sait pas si elle part ou si c’est nous qui perdons la capacité de la voir. C’est peut-être les deux en même temps.
Seul dans la brume

La deuxième image raconte la même histoire, mais autrement. Un femme debout dans un champ, la brume à mi-corps, comme si le monde autour de elle se dissolvait lentement. Elle est encore là, debout, présent. Mais l’horizon s’efface. Les repères disparaissent un à un.
C’est souvent comme ça que ça se passe. Pas d’un coup. Graduellement. Un souvenir qui manque à l’appel. Un nom qui refuse de revenir. Un visage familier qui devient flou. Et malgré tout, la personne reste debout, ancrée dans ce qu’elle est encore, refusant de se laisser emporter sans se battre.
Il y a une dignité immense dans cette posture. Une force tranquille que j’ai voulu capturer, sans pathos, sans drama. Juste la vérité de l’instant.
Le compte à rebours

La troisième image est la plus symbolique. Une jeune femme tient le temps entre ses mains, une vieille horloge dont les aiguilles avancent sans qu’on puisse les arrêter. Autour d’elle, la brume monte doucement, comme pour envelopper ce qu’il reste de souvenirs.
J’ai voulu que cette image parle du compte à rebours silencieux que représente la maladie d’Alzheimer. Pas de manière dramatique, mais avec une douceur mélancolique. Le temps ne s’arrête pas. Les souvenirs s’amenuisent. Et pourtant, quelque chose persiste. Quelque chose que même l’oubli ne peut pas vraiment effacer.
Pourquoi ces images existent
Je ne parle pas de ce sujet de loin. Je vis avec la réalité de l’Alzheimer qui, un jour, fera partie de mon chemin. Cette perspective aurait pu me paralyser. Elle a plutôt renforcé quelque chose d’essentiel en moi, le besoin de créer, de capturer, de laisser des traces.
La photographie est devenue ma façon à moi de défier l’oubli. Chaque image que je fais est un fragment de mémoire offert aux autres. Un morceau de monde préservé, visible, tangible. Quand les mots s’effaceront, les images resteront. Quand le souvenir vacillera, la photo sera encore là pour dire, j’étais là, j’ai vu ça, c’était beau.
C’est pour ça que je photographie. Pas seulement pour l’art. Pour laisser quelque chose derrière moi qui dira, mieux que je ne pourrais jamais l’expliquer : voilà comment je voyais le monde.
Poème
Mémoire, ne me laisse pas partir
Dans le ballet de mes regrets, les erreurs se mêlent, Et pourtant ce qui demeure, c’est la trace de ton essence, Ton toucher qui s’évapore, ton parfum qui persiste, Suis-je fou de vouloir retenir cette douce danse ?
Invisible toi, invisible moi, un spectacle fantôme, C’est comme étreindre le brouillard, une course sans fin, Dans la solitude, je m’accroche, je te cherche dans ma mémoire, Je supplie le miroir : révèle-moi ton visage, arrête ce destin.
Je suis par terre, je crie, oh, ne laisse pas ma mémoire partir, Si seulement je pouvais croiser ton regard, ton amour m’offrir, Dans cette lutte sans relâche, nulle place pour se cacher, L’ombre de ton amour persiste, ne me laisse pas derrière.
Un cœur, une âme, oh, si tu les possédais, J’aurais un abri, une mélodie à faire battre, Il ne s’agit pas de solitude, mais de toi que je ne peux effacer, Et bien que tu ne sois plus là, ta silhouette continue de m’habiter.
Je suis par terre, je crie, oh, ne laisse pas ma mémoire partir, Si seulement je pouvais croiser ton regard, ton amour m’offrir, Dans cette lutte sans relâche, nulle place pour se cacher, L’ombre de ton amour persiste, ne me laisse pas derrière.
Je supplie, oh, j’appelle, ne laisse pas partir ma mémoire, Je suis par terre, mais l’écho de ton amour perdure, Mémoire, mémoire, ne te dissipe pas, laisse-moi garder l’histoire, Je suis par terre, je crie, oh, ne me laisse pas dans l’obscur.
Chanson
Titre : Mémoire, ne me laisse pas partir
[Verse 1] Des erreurs et des regrets ne sont pas tout ce qu’il me reste, Car ton toucher et ton parfum sont encore sur ma peau, Peut-être suis-je fou de vouloir garder la trace de toi, Il n’y a plus de toi, plus de moi, du moins c’est ce que je ressens.
[Pre-Chorus] J’essaie de te ramener, plus près de moi, Mais c’est comme essayer d’attraper le brouillard.
[Chorus] Mémoire, j’aurais tellement voulu que tu aies un visage, Peut-être aurais-je pu te supplier de rester, Je suis par terre, je supplie, oh-oh-oh, Mémoire, ne me laisse pas partir, Si seulement je pouvais te regarder dans les yeux, Tu n’aurais nulle part où te cacher, Je suis par terre, je supplie, oh-oh-oh, Mémoire, ne me laisse pas partir.
[Verse 2] Si tu avais un cœur, je pourrais le faire battre pour moi, Si tu avais une âme, je saurais enfin où est ma maison, Il ne s’agit pas de se sentir seul, mais de toi que je ne peux oublier, Et même si tu n’es plus là, je vois encore ta silhouette dans le noir.
[Pre-Chorus] J’essaie de te ramener, plus près de moi, Mais c’est comme essayer d’attraper le brouillard.
[Chorus] Mémoire, j’aurais tellement voulu que tu aies un visage, Peut-être aurais-je pu te supplier de rester, Je suis par terre, je supplie, oh-oh-oh, Mémoire, ne me laisse pas partir, Si seulement je pouvais te regarder dans les yeux, Tu n’aurais nulle part où te cacher, Je suis par terre, je supplie, oh-oh-oh, Mémoire, ne me laisse pas partir.
[Outro] Je suis par terre, je supplie, oh-oh-oh, Mémoire, ne me laisse pas partir.
♫ Musicien, compositeur ou interprète, cette chanson cherche une voix et une mélodie pour prendre vie. Si ces mots te touchent, si tu sens que tu pourrais leur donner une âme, je t’invite à me contacter. Ensemble, nous pourrions offrir à ce message la portée qu’il mérite, et peut-être toucher ceux qui, comme moi, vivent avec cette réalité. ♪
« Essayer d’attraper la mémoire, c’est comme tenter de saisir le brouillard. Et pourtant, dans ce silence de l’oubli, l’écho de l’amour, lui, ne s’efface jamais. »