L’Horloge du Temps

L'Horloge du Temps

Quand on lève les yeux vers ce cadran, on réalise d’abord l’échelle. L’horloge de la Tour de la Paix compte quatre faces, chacune mesurant 4,8 mètres de diamètre. MyCityHunt Les deux personnes sur cette photo en sont la preuve vivante : à côté de ce cadran, on rapetisse.

La Tour de la Paix n’a pas toujours été là. Elle remplace la Tour Victoria, détruite dans l’incendie de 1916 qui a ravagé la majeure partie de l’édifice du Centre. Seule la Bibliothèque du Parlement a survécu. Wikipedia La reconstruction fut ordonnée presque immédiatement, dans un pays encore en pleine Première Guerre mondiale.

Une tour née de la guerre et de la paix

La conception de la Tour de la Paix coïncide avec la fin de la Première Guerre mondiale. Le premier ministre Robert Borden dédicaça le site en déclarant que la tour serait un mémorial à la dette envers les ancêtres et à la valeur des Canadiens qui ont combattu pour les libertés du Canada. Wikipedia

La structure fut couronnée en 1922, inaugurée officiellement. Wikipedia Et sous l’horloge, un carillon unique. Le carillon de la Tour de la Paix comprend 53 cloches et pèse 54 tonnes au total. Le bourdon, la plus grosse cloche, joue la note grave mi. La plus petite joue la même note quatre octaves et demie plus haut. Canada.ca

Le carillon a été inauguré le 1er juillet 1927 pour marquer le 60e anniversaire de la Confédération. Wikipedia Les cloches sonnaient toutes les quinze minutes, jusqu’à ce que les travaux de restauration les réduisent au silence.

Ce que l’horloge ne peut pas faire

Le mécanisme de l’horloge maîtresse de la Tour ne permet pas de reculer l’heure. À la fin de l’heure avancée, un employé du gouvernement arrête le mécanisme et l’actionne de nouveau une heure plus tard pendant la nuit. Canada.ca

Ce détail m’a frappé. Une horloge qui ne peut que avancer. Il y a quelque chose de profondément juste là-dedans, pour un monument qui commémore des guerres et des sacrifices. On ne revient pas en arrière. On continue.

L’image

Ce qui m’a attiré dans cette scène, c’est le contraste de l’échelle. Ces deux personnes, anonymes, de dos, face à ce cadran monumental. Elles ne regardent pas vers nous. Elles regardent le temps, littéralement.

Le traitement en tons sombres, presque monochrome, renforce le côté intemporel. L’horloge aurait l’air pareille sur une photo prise il y a cinquante ans. C’est peut-être ça le vrai sujet : cette permanence tranquille, au milieu de tout ce qui passe.

« Certaines horloges ne font pas que marquer le temps. Elles en sont le gardien, debout depuis des décennies, pendant que les visages changent sous leur cadran. »

© Sylvain Perrier