Note : ce récit est une histoire fictive imaginée pour accompagner ces deux photographies réelles de Sylvain Perrier.
Pierre avait toujours cru que le tunnel à la périphérie de son village renfermait quelque chose. Pas un trésor au sens propre. Plutôt une réponse, une direction, un signe que les temps difficiles peuvent mener quelque part.
Ce jour-là, après la tempête qui avait emporté sa chaloupe et une bonne partie de ses certitudes, il s’y aventura. À l’intérieur, le silence était total. Mais à mesure qu’il avançait, la lumière du coucher de soleil commença à se glisser par les ouvertures, teintant les murs de béton d’un orange profond et chaud. Et là, au bout, immobile sur l’eau sombre : un canot. Intact. Qui attendait.
Pierre comprit ce soir-là que l’obscurité n’était pas une fin. C’était un passage.
La même image, deux regards

Ces deux images racontent la même scène. Le même canot, le même tunnel, la même eau immobile. Mais l’une baigne dans la chaleur dorée du soir, l’autre dans le froid du noir et blanc. C’est ça qui rend cet endroit fascinant : selon comment on le regarde, selon la lumière qu’on choisit de voir ou d’ignorer, l’histoire change complètement.
En photographie comme dans la vie, le regard qu’on pose sur une situation transforme ce qu’on y trouve. Pierre n’a pas changé le tunnel. Il a changé sa façon de l’traverser.
« Même au fond de l’obscurité, il suffit parfois d’un seul rayon pour que tout prenne un sens nouveau. Ce n’est pas la lumière qui change, c’est le regard qu’on consent à lui offrir. »